La diffusion du bouddhisme en Chine et au Japon : principaux maîtres, principales écoles

20/11/13: Conférence La diffusion du bouddhisme en Chine et au Japon : principaux maîtres, principales écoles par Danielle Elisseeff, EHESS.

Le bouddhisme est arrivé d’Inde en Chine en attirant l’intérêt des souverains, de royaume en royaume, et en suivant les routes commerciales d’Asie centrale.

Un texte, le Sûtra du lotus de la bonne loi, traduit en chinois par Dharmaraksha en 286 puis par Kumârajivâ en 406, enseigne que chacun peut accéder à l’état de Bouddha en suivant la « voie moyenne » prônée au IIe s. par l’Indien Nâgârjuna. L’école de la «Terre pure», Jingtu est fondée par Huiyuan au monastère Donglin en 402. Au VIe s apparaît la «Terrasse du Ciel», Tientai, fondée par Zhiyi au Zhejiang, mais elle perd de son influence en Chine dès la fin des Tang. Au VIIe s., le chan, la méditation, s’appuie sur l’enseignement de Bodhidharma et le Sûtra Lankavatara : il faut toucher la conscience.

Le bouddhisme arrive au Japon en provenance de Chine, par l’intermédiaire de la Corée, au milieu du VIe s. A Nara alors capitale (710-794) il existe six écoles : Kusha et Ritsu qui suivent l’enseignement Theravada, Jojitsu s’inscrit en transition entre Theravada et Mahayana. Hossô, Sanron et Kegon relèvent du Mahayana tel qu’il s’est développé en Chine. Mais bientôt Saicho (767-822), introduit l’école Tiantai (Tendai en japonais) et le «Sûtra du Lotus». A son retour de Chine, la doctrine est vraiment reconnue au Japon. A peu près au même moment le moine Kûkai (774-835 ; il se rend en Chine en 804) enseigne, dans le cadre de l’école Shingon (la « Parole juste »), que l’on peut devenir Bouddha dès cette vie. Plus tard, la doctrine de la «Terre pure» prend de l’importance sous l’égide de Hônen (1133-1212) que les enseignements du Tendai ne satisfaisaient pas. Il prône pour acte essentiel l’invocation du bouddha Amitâbha par la formule du nembutsu, ouvrant l’accès à la «Terre pure du Bonheur Suprême», Gokuraku. Shinran (1173-1263), disciple de Hônen, met l’accent sur la foi et ses disciples fondent la «Véritable école de la Terre pure», Jôdo shinshû. Ippen-shônin (1234-1289) fonde  «l’école de l’instant», ji shû, qui se base sur le «Sûtra d’Amitâbha» en plus du «Sûtra du Lotus».

Mais un nouvel enseignement, considéré comme moins ésotérique et magique que le Tendai et le Shingon, connaît un grand succès auprès du Shôgunat et de la classe guerrière. Eisai (1141-1215) importe de Chine la méditation chan/zen et fonde «l’école Rinzai», organisée en fonction de cinq grands temples qui coiffent tous les autres (les « Cinq monts », Gozan). Puis Dôgen (1200-1253) part s’instruire en Chine et fonde à son retour l’école zen Sôtô. Il remplace les pratiques ascétiques par celles de l’introspection permettant de développer la part de bouddha qui est en soi. L’idée d’un temps déroulé (passé/présent/futur) est illusoire. Seul l’instant présent est réel.

Enfin le moine Tendai Nichiren (1222-1282) rend à son tour toute son importance au « Sûtra du lotus », mais en lui donnant une portée politique. Il s’oppose violemment aux autres écoles bouddhiques et au gouvernement  shôgunal. Il enseigne que les hommes ordinaires (et non uniquement les moines) peuvent atteindre la bouddhéité dès cette vie. Plus tard, au XVIIe s., un moine chinois fonde l’école chan/zen Obaku, réactivant certains enseignements de l’école de la «Terre pure». La règle monastique en est fixée en 1661. Aujourd’hui il existe une poussière d’organisations bouddhiques diverses issues des courants anciens (plus de 40 000 en 2005) qui sont concurrencées par de «nouvelles religions».

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