Asia NOW

Visite guidée à l’Hôtel de la Monnaie de Paris.

« Une foire d’art pensée comme une plateforme dédiée aux voix artistiques de l’Asie et de sa diaspora. Depuis plus d’une décennie, Asia NOW s’emploie à transcender les frontières qui ont longtemps défini l’Orient et l’Occident. Guidée par une démarche de décentrement — initiée par le projet « My East is Your West », la foire explore les angles morts des foires d’art traditionnelles, qui se limitent souvent à un rôle de simple incubateur. Nous remettons en question les perspectives établies, donnons de l’écho aux voix plus discrètes et ouvrons un espace où l’Asie n’est pas seulement une géographie, mais une méthodologie — un mouvement » (Asia NOW).

Placé sous le thème « Sentimental value » (Valeur sentimentale) et explorant le concept de « Global Asias », le salon 2026 interroge la mémoire, la transmission et les dynamiques migratoires.
Plus de 200 artistes d’Asie et de sa diaspora sont mis en avant à travers une soixante de galeries internationales, d’institutions et de fondations privées. L’événement regroupe des peintures, sculptures, installations, photographies, céramiques ainsi que des performances en direct et des projets curatoriaux spécifiques.

Comme chaque année, les Amis ont été invités à une visite guidée de cette foire d’art asiatique ultra contemporain. Notre charmante guide nous a fait découvrir un choix de galeries où les galeristes, comme Françoise Livinec, ont commenté les œuvres et présenté les artistes exposés ou les artistes. Certains d’entre eux, présents sur le stand de la galerie, ont pu eux-mêmes expliquer leur démarche.

Jang Kwang Bum. Roche. 2024. Acrylique poncée sur toile. 120 x 80 cm. Galerie Françoise Livinec.

Ma Kelu. ADA. 2017. Huile sur toile. Galerie Espace-temps.

I-jen Su commentant État 04. Pigment minéraux et végétaux, feuille d’argent sur papier de lin. 2022. 90 x 125 cm. Galerie Art Nova.

Pour ne citer que quelques artistes commentés ou rencontrés :

Jang Kwang-Bum (Né en 1972 à Séoul), au stand de la galerie Françoise Livinec. Dans un premier temps, il peint des milliers de couches monochromes sur la même toile pendant des mois. Après un très long temps de séchage, il ponce la peinture pour faire ressortir le rythme de la composition, révélant l’allusion aux montagnes qui encerclent Séoul ou les reflets de l’eau, brouillant les frontières entre abstraction et figuration. Un travail long et méditatif au résultat subtilement raffiné.

Nous avons rencontré, à la Galerie Espace-temps, l’artiste chinois Ma Kelu (Né à Shanghai en 1954). Il est une figure majeure de l’art d’avant-garde chinois. Il a été l’un des membres fondateurs du collectif clandestin No Name Group (groupe des Sans Nom) dans les années 1970, s’opposant ouvertement au réalisme socialiste imposé par le gouvernement. Après avoir vécu et travaillé à New York à la fin des années 1980, il est retourné s’installer en Chine en 2006. Son style a évolué d’un travail figuratif en plein air vers une abstraction gestuelle et atmosphérique puissante, marquée par de grands aplats monochromes.
En parallèle de sa visibilité à Asia NOW, Ma Kelu bénéficie actuellement de sa toute première exposition personnelle en France à La cité de l’Architecture et du Patrimoine jusqu’au 3 janvier 2027.

I-jen su (Née en 1991 à Taiwan), artiste multidisciplinaire, fait partie de la sélection officielle présentée par la galerie allemande Art Nova. Elle nous a expliqué sa pratique artistique qui explore la perception, la forme et la transformation de la matière à travers des techniques de fragmentation, d’accumulation et de reconstruction. Elle utilise principalement des pigments minéraux naturels, des pigments végétaux ainsi que des feuilles métalliques sur différents supports qui participent à la formation et à la transformation de l’image.

Gerelkhuu Ganbold (Né en 1988 à Ulaanbaatar) figure parmi la sélection de THE Gallery. Il s’inscrit dans le style traditionnel « Mongol Zurag » et réalise souvent des peintures de grand format, empreintes de dramaturgie, qui explorent les états psychologiques liés à la vie contemporaine, à la mémoire, à la lignée et au mythe. Si ses premières œuvres étaient dominées par des techniques traditionnelles, des robots et des personnages abstraits ont commencé à occuper une place prépondérante dans ses créations, à partir de 2012. Ses travaux portent fréquemment sur les conflits intérieurs et extérieurs propres à l’être humain. Il est profondément immergé dans le monde des esprits, la plupart de ses amis sont des chamans en exercice.

Gerelkhuu Ganbold. Interference (détail). 2020. Acrylique sur toile. 150 x 640 cm. THE gallery.

Jon Cuyson. Sea of Echoes Series. 2026. Acrylique, pigments, sable, résine sur toile. 33,5 x 40,5 cm. chaque. Galerie Tala.

Jon Cuyson (né à Manille), présent sur le stand de la Galerie Tala, dévoile un nouvel ensemble d’oeuvres créé exclusivement pour la 12ème édition d’Asia NOW. Ces nouvelles créations poursuivent l’exploration des thèmes de la mémoire, de l’identité, de  la migration et des strates historiques qui relient les Philippines au reste du monde. Jon Cuyson est un artiste et cinéaste philippin dont la pratique interdisciplinaire englobe la peinture, la sculpture, l’installation, les livres d’artiste et les images animées. Son oeuvre explore les histoires maritimes, le travail, les migrations, les écologies queer et la mémoire à travers des environnements immersifs où l’abstraction, la matérialité et la narration se rejoignent.

Shavonne Wong. Niceaunties – Auntie Amelia. 2025. AI-generated photography. Chromatic print. 50 x 50 cm. Galerie By Grida.

Nguyên Duy Manh. Âmes errantes – La jarre. 2020. Céramique peinte à la main cuite dans le village de Bat Trang. 34 x 44 x 3 cm. Galerie Bao.

Qian Lihuai. We 11 (2025) devant The Sky 4 et The Gift 21. Bambou tressé 30 x 30 x 43 cm. Loy Gallery.

Présenté par la galerie By Grida, Shavonne Wong (Née en 1990 à Singapour) crée des personnages 3D hyperréalistes pour explorer les thèmes de la beauté, de l’identité et de la présence émotionnelle. Ses personnages, conçus numériquement, ont une apparence humaine mais sont dépourvus de passé physique ; ils interrogent ainsi la frontière entre identité humaine et existence virtuelle. Dans l’Auntieverse, un univers généré par intelligence artificielle par le collectif Niceaunties,  la figure familière de la « tante » devient un prisme pour explorer le vieillissement, le soin, la famille, la communauté et la mémoire culturelle. À souligner que l’humour et la tendresse imprègnent ses créations numériques.

Notre visite guidée terminée, nous avons eu la possibilité de prendre connaissance de l’ensemble des galeries.
Agrémenté par le cadre de La Monnaie de Paris dans lequel il s’est déroulé, notre parcours nous a permis de constater l’ouverture d’Asia Now à d’autres cultures s’étendant de l’Asie centrale au Pacifique en passant par l’Asie du Sud et l’Asie occidentale.
Il nous a également interpellés sur le rôle que sa douzième édition lui a assigné, soit « un espace de rencontres et un kaléidoscope de chocs visuels »

0

Saisir un texte et appuyer sur Entrée pour rechercher