Zhang Qian, la « premier » ambassadeur de l’Asie centrale au Ier siècle avant notre ère : une vie et une histoire à revoir sous l’angle de matériaux nouveaux

Conférence par Arnaud Bertrand Docteur de l’École Pratique des Hautes Études en sinologie, chercheur associé au laboratoire de recherche ArScAn – Archéologie de l’Asie centrale (CNRS – UMR 7041), et enseignant à l’Institut Catholique de Paris.

Le vocable « routes de la soie », introduit au milieu du XIXème siècle et réactivé aujourd’hui par les plus hautes autorités chinoises, traduit en réalité la volonté multimillénaire de projection de la Chine vers les contrées occidentales pour poursuivre des stratégies militaires et commerciales. L’époque des Han est particulièrement intéressante à étudier car elle marque le début de ce mouvement après la période de consolidation de l’Empire intérieur. C’est ainsi qu’apparaissent des personnages fascinants comme  Zhang Qian, émissaire de l’empereur , qui va au contact des peuples de l’Ouest et rapporte une connaissance géographique, diplomatique qui permettra le développement d’une stratégie diplomatique et de conquêtes, vers l’ouest. Mettant à profit ses travaux sur des textes et des données archéologiques, entre le nord-ouest chinois et  l’ Asie centrale, nous allons retracer l’histoire  de Zhang Qian, véritable « Marco Polo »  chinois, dont on dispose finalement de très peu d’éléments, outre sa fameuse biographie contenue dans le Shiji  de Sima Qian. Son histoire est pourtant le reflet  d’ une « soft power » chinoise, dont on voit encore les exemples aujourd’hui, il convient donc de s’y attarder, en revenant à la source du récit originel, et en retraçant autant que possible la réalité géopolitique, ethnique et sociale de ses missions vers l’ouest.

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