2015 : Li Bai admirant une cascade

2015 : Li Bai admirant une cascade. Yokoyama Taikan (1868-1958)

Encre et pigments minéraux sur soie, vers 1902

119 cm x 48 cm (avec montage 215 cm x 64 cm)

15.11.21.Li Bai

Yokoyama Taikan, est le pseudonyme de Sakai Hidemaro. Il naît en 1868 à Mito (préfecture d’Ibaraki) et appartient à la génération des peintres du Japon moderne. En effet, cette date correspond à la première année de l’ère Meiji. Elle marque la modernisation du Japon et son entrée au sein des puissances internationales.
Yokoyama Taikan est le fils aîné de Sakai Sutehiko, une famille de samurai du clan de Mito, mais il est adopté par la famille de sa mère de laquelle il reçoit le nom de Yokoyama. En 1878, il suit sa famille à Tôkyô où il devient élève du collège Tôkyô Furitsu Daiichi Chûgakko. C’est là qu’il commence à s’intéresser à la peinture occidentale à l’huile et à la langue anglaise. Il apprend le dessin avec le peintre Watanabe Fumisaburô, mais c’est auprès du grand peintre Kanô Hôgai (1828-1888), dernier maître de l’école officielle Kanô qu’il se forme à la peinture traditionnelle. Cet artiste, parrainé par l’Américain Ernest Fenollosa (1853-1908) et aidé financièrement par le riche Américain William Sturgis Bigelow (1850-1926), expérimente alors de nouveaux procédés picturaux (pigments et compositions) qui vont transformer radicalement la peinture japonaise et lui donner un style particulier spécifique de l’époque moderne.
En 1889, Yokoyama Taikan fait partie de la première promotion d’artistes de l’Ecole des beaux-arts de Tôkyô (Tôkyô bijutsu gakkô), créée en 1887 par le ministère de l’Education et placée sous la direction d’Okakura Kakuzō ( Okakura Tenshin 1862-1913). Dans cette école, ancêtre de l’actuelle Université nationale des beaux-arts et de la musique de Tôkyô, les artistes apprennent comment renouveler la peinture traditionnelle en lui intégrant des éléments de la peinture occidentale. Ils posent ainsi les bases de ce qui sera appelé le Nihonga (mot à mot « peinture japonaise ») par opposition au terme Yôga (« peinture occidentale », en particulier la peinture à l’huile), suivant une terminologie inventée par E.Fenollosa à l’occasion d’une conférence qu’il donne au Japon.
A l’Ecole des beaux-arts, Yokoyama suit l’enseignement de Hashimoto Gahô (1835-1908), artiste suiveur de l’école Kanô, comme Kanô Hôgai. Son diplôme une fois obtenu, il part à Kyôto pour enseigner pendant une année à l’université d’art et d’art appliqué municipale de Kyôto (Kyōto Shiritsu Bijutsu Kōgei Gakkō) et commence à utiliser le pseudonyme de Taikan. Il rentre à Tôkyô en 1896 pour devenir assistant professeur à l’Ecole des beaux-arts de Tôkyô, mais au bout d’un an il renonce à son poste lorsque Okakura Kakuzô est démis de ses fonctions pour des raisons politiques.
Il participe alors aux côtés d’Okakura à la création de l’Académie des beaux-arts du Japon (Nihon bijutsu-in) avec ses anciens camarades de l’école, Hishida Shunsô (1874-1911) et Shimomura Kanzan (1873-1930). Cette académie est fondée en réaction aux dictats officiels imposés par le ministère de la culture dans ses expositions (Bunten). À la mort d’Okakura en 1913, le groupe est dissout. Il est reconstitué un an plus tard en 1914 sous la direction de Yokoyama Taikan, qui l’installe à Yanaka, Tokyo. Cette institution et les biennales (Inten) qu’elle organise fonctionne toujours de nos jours.
En 1903, il se rend en Europe en passant par les Indes et passe l’année 1904 dans les différents pays d’Europe. Puis en 1909, il se rend en Chine. Comme le souligne Serge Elisseeff (la Peinture japonaise contemporaine, Paris, 1923), « ses divers voyages lui ont fourni une multitude d’éléments pour ses œuvres » .
Considéré par Serge Elisseeff (1889-1975), spécialiste de l’art japonais, comme l’un « des grands peintres de Tôkyô », il fait partie des artistes sélectionnés pour exposer à l’importante exposition d’art japonais contemporain qui se tient au Grand Palais, à Paris, de mai à juillet 1922. Yokoyama y expose Bois en automne « où le peintre use des couleurs pour donner une combinaison d’un vert stylisé des arbres conifères alternant avec les différentes couleurs rouges du feuillage automnal des autres arbres » (Serge Elisseeff : la Peinture japonaise contemporaine, Paris, 1923).

Yokoyama a connu une longue carrière fructueuse. Il reçoit la médaille de l’ordre du mérite et il est promu membre de l’Académie des Arts de la maison impériale ainsi que de l’Académie des Beaux-Arts.

 

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