Daido Moriyama à la lettre

Conférence à 18H00 par Jean-Kenta GAUTHIER, spécialiste de la photographie japonaise, siège notamment au comité de sélection des galeries de Paris Photo et participe aux foires Paris Photo et Art Basel.

“Il n’y a pas plus efficace pour cacher un texte que de l’inclure dans un livre de photographie”, me confiait un ami auteur de nombreux textes sur le medium. C’est vrai, et lorsque ces textes sont en japonais, c’est redoutable. Ce qui est bien dommage car ceux de Daido Moriyama offrent des méditations magnifiques sur ce que la photographie offreau monde depuis deux siècles.

Auteur de plus de deux cents livres de photographie, Daido Moriyama (né au Japon en 1938, où il vit aujourd’hui) n’a jamais revendiqué la qualité d’écrivain ; il a pourtant écrit d’innombrables textes. Publiés dès les années 1960, la plupart ont d’abord paru, souvent sous forme de feuilletons, dans des revues de photographie à une époque où ces dernières étaient la destination, première voire unique, pour tout photographe japonais. Certains ont par la suite été rassemblés dans des livres de textes, à l’instar du « best-seller » Mémoires d’un chien (1984), également traduit en anglais, en français et en mandarin. D’autres textes ont pu voir le jour dans des journaux sous forme de billets. Daido Moriyama n’est pas un artiste conceptuel, mais supposons que tout art, à bien y penser, soit conceptuel. Ses textes nourrissent une œuvre visuelle qui s’avère tout aussi accessible qu’exigeante, sensible qu’intellectuelle.
Dans la continuité de l’exposition consacrée à cette dimension de l’œuvre de Daido Moriyama à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris à partir du mois de mai 2026 (commissariat : Clément Chéroux, conseiller scientifique: Jean-Kenta Gauthier, avec le soutien de la Daido Moriyama Photo Foundation, Tokyo), cette conférence propose de relire l’œuvre de l’artiste à l’aune de ses nombreux textes.

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