Portrait d’un amateur d’objets à Séoul au 18ème siècle
Conférence par Daeyol KIM, professeur des Universités, Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).
Dans certains tableaux du 18e siècle, notamment ceux de KIM Hongdo 金弘道 (1745-1806), peintre à la cour de Chosŏn, on observe un paradoxe étonnant : la passion pour les objets rares et onéreux, en particulier importés de la Chine, et la prétention au détachement de la mondanité. Cette dernière correspond à une des vertus confucéennes qui préconise la tempérance voire la sobriété dans le goût pour les objets. D’après leurs vies représentées dans certains tableaux ou écritures, les peintres ou leurs clients de l’époque cherchent à conserver l’image traditionnelle de lettrés confucéens, tout en même temps à se montrer adhérent à la collection des objets extraordinaires (anciens ou importés en particulier). On pourrait expliquer cette attitude paradoxale à la lumière des contextes socioculturels de l’époque, à savoir : le développement économique et la différenciation sociale, l’affaiblissement de l’ancienne idéologie et l’échange intensifié avec la nouvelle Chine de Qing, l’émergence d’une nouvelle valeur de référence socioculturelle.


