
Buddha

Cette grande statue de Buddha Amida provient d’un petit temple du quartier de Meguro à Tokyo, le Banryûji . Ce temple était consacré à l’enseignement et perdit sa fonction avec l’instauration de l’école publique au début de l'ère Meiji. La statue, qui était à l’air libre après l’incendie du bâtiment qui l’abritait, fut vendue à Cernuschi. Duret rapporte dans le Voyage en Asie les circonstances dans lesquelles la sculpture fut découpée en pièces pour être envoyée à Paris. Elle fut alors remontée par les ateliers de Barbedienne et exposée au Palais de l’industrie avant de venir prendre place dans la grande salle du premier étage de l’hôtel de l’avenue Vélasquez. On trouve une illustration dans le Edo meisho zue (vol.7) qui permet d’imaginer le bouddha dans son environnement au cours de l’ère Tempô (1829-1844). Ce temple dépend d’un monastère, le Enzanji, de la secte Jôdo du bouddhisme amidiste. La statue serait antérieure au nimbe, dont la date pourrait correspondre à un remplacement du nimbe d’origine détruit dans l’incendie du temple.
Buddha Amida (Amitâbha)
M.C. 2078
Bronze, 440 x 255
Japon, XVIIIe siècle
Les registres du monastère Zôjôji gardent mention de la demande déposée par deux étrangers par l’intermédiaire d ’un brocanteur du nom de Kane matsu de l’achat de cette statue pour la somme de 500 ryôs, demande qui fut acceptée par le Bureau de l’administration, après consultation de la municipalité. Les habitants du quartier , si l’on en croit la relation qu’en fait Théodore Duret dans son Voyage en Asie, acceptèrent mal la chose et tentèrent semble-t-il de racheter la sculpture monumentale à Cernuschi. Découpé en pièces, le Bouddha fut remonté à Paris par le fondeur Barbedienne. Ce n’est qu’en 1983 que l’origine du Bouddha fut identifiée avec précision.
Le piédestal en forme de lotus et le nimbe portent des inscriptions donnant les noms de donateurs. Le nimbe porte des textes incluant les noms de Iseya Chôbei ou encore Minamoto Masamitsu. Le nom de Minamoto Masamitsu n’est pas répertorié dans les rares ouvrages consacrés aux fondeurs de l’époque d’Edo. Quant à Iseya Chôbei, il n’aurait été en fait qu’un marchand, installé à Ômondori à Edo (Tôkyô). Il a fourni des temples bouddhiques ou shintoistes de différentes régions du Japon au cours de la période couvrant les ères Bunka-Bunsei et l’ère Hôreki.