25 au 31 mai 2001
Shanghai, « la ville au-dessus de
la mer »
fut une invention occidentale. A l’embouchure du Yangzi, les
britanniques y
ouvrirent la première concession en 1842, les français en
1847, d’autres
suivirent. Elle fut très vite émancipée et
moderne. On dit même qu’elle fut bien dévergondée. Centre économique florissant, elle fut de facto le territoire
explosif des travailleurs urbains, c’est là que se tint en 1921
la réunion qui
donna naissance au Parti communiste chinois. Shanghai évoquera
pour nous la
nostalgie des belles architectures des années 30. Promenade sur
le Bund – ce
mot, né d’une expression anglo-indienne, signifie le quai
boueux.
Rassurons-nous il n’y a plus de boue, certains soirs on peut même
y voir des
couples chinois dansant joyeusement.
Le but culturel de notre voyage est le
nouveau Musée
de Shanghai ouvert en octobre 1996. Enigmatique édifice de
pierre évoquant un
bronze archaïque dont l’architecte et maître d’œuvre furent
Xing Tonghe et Chen
Zhi. Cent vingt mille objets classés en vingt et une
catégories datant du
néolithique jusqu’au XXème siècle. On
raconte volontiers qu’une
vaisselle de bronze, datant de la lointaine période de Erlitou
(1700-1500 av.
J.-C.), fut miraculeusement sauvée en 1955 par le directeur du
Musée Ma
Chengyuan. Ces objets inestimables allaient être fondus dans le
fourneau de
l’Usine métallurgique de Shanghai … Large éventail
chronologique des trésors du
Musée de Shanghai, la richesse des collections est
stupéfiante.
Puis une escapade
intrépide se fera en train vers la ville des jardins et de la
soie, Suzhou,
une des plus anciennes du bassin du Yangzi réputée pour
la beauté de ses
femmes aux voix mélodieuses. Un célèbre dicton
affirme qu’ « au ciel il y
a le paradis, sur terre il y a Suzhou et Hangzhou ». Marco
Polo qui s’y
rendit en 1276 dut se sentir un peu chez lui puisque Suzhou est aussi
« la
Venise de l’Orient ». La journée y sera bien remplie,
tant de jardins à
voir aux noms évocateurs : le Jardin de l’Harmonie
(Yiyuan), le Jardin du
Maître des Filets (Wangshiyuan), le Jardin du Pavillon des Vagues
(Canglangting). L’art du paysage reflète dans ses rocailles et
ses plans d’eau
le goût des érudits du sud du Yangzi.
Une autre journée, bien moins intrépide celle-là, à la décourverte de Zhouzhuang, ville des canaux, elle aussi ; tout ici nous parle encore des temps anciens des dynastes Song. Zhouzhuang tiendra ses promesses de charme et de dépaysement