Société des Amis du Musée Cernuschi

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Introduction aux collections chinoises

A l’est de l’Eurasie, la Chine s’étend sur 9 561 000 km2 et présente une grande variété de reliefs et de climats.

Au nord s’étend une vaste plaine de loess, terre traditionnelle de la culture du millet, de l’orge et du blé, largement ouverte sur la steppe eurasiatique (Hebei, Henan, Shanxi). Cette riche plaine alluviale est irriguée par le Huanghe ou Fleuve Jaune. Celui-ci doit son nom aux sédiments qu’il arrache aux flancs des hauts plateaux occidentaux. C’est précisément dans le bassin moyen du Huanghe, au confluent du fleuve et des rivières Wei et Fen, que les Chinois placent traditionnellement le berceau de leur civilisation. Le Shaanxi ou Guanzhong, pays «à l’intérieur des passes », bien protégé par les montagnes, abrita les capitales de plusieurs dynasties. Ces régions agricoles sont symboliquement séparées depuis les IVème-IIIème siècles av. J.C. du monde nomade par les embryons de ce qui allait devenir la grande Muraille. Au delà s’ouvrent les marches de l’Asie centrale (Gansu, Ningxia, Qinghai).

Le bassin inférieur du Chang Jiang ou Yangzi Jiang, appelé par les Occidentaux Fleuve Bleu, draine une immense plaine constituant la majeure partie de la Chine du centre-est. Au delà de ce fleuve commence la Chine du Sud proprement dite ou Jiangnan, véritable grenier à riz, contrée par excellence de la culture savante depuis l’époque des Song du Sud (1127-1279) jusqu’à la période des Ming (1368-1644).

La Chine du Sud, morcelée par de multiples massifs montagneux difficiles d’accès, peut constituer des lieux de résistance nationale au gouvernement central, particulièrement lors des périodes d’occupation étrangère comme l’apprirent à leurs dépens Mongols (XIIIème siècle) et Mandchous (XVIIème siècle). La densité du réseau hydrographique permet toutefois de désenclaver les provinces centrales (Jiangxi, Hunan, Hubei) et de les relier à Guangzhou ou Canton au sud, au Chang Jiang et, via le Grand Canal, au fleuve Jaune et à la Chine du Nord. Le cours supérieur du Chang Jiang, au delà des Trois Gorges, s’ouvre sur la plaine du Sichuan, au particularisme culturel marqué à l’époque ancienne. La Chine du Sud comprend de nombreuses « minorités nationales », en particulier au Guizhou, au Guangxi et au Yunnan.

La Chine aime à se percevoir comme une entité autonome.

En dépit de l’étendue de son littoral, la Chine n’a jamais officiellement compté au nombre des grandes puissances maritimes. Le relief accidenté des côtes de Chine du Sud (Fujian, Guangdong) a toutefois favorisé des activités commerciales souvent interlopes.

Carte de la République populaire de Chine.

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