Société des Amis du Musée Cernuschi

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Han I

LES DYNASTIES DES QIN (221 - 206 AV. J.-C.) ET DES HAN (206 AV. J.-C. -220 AP. J.C.)

Vue de salle

La conquête de la Chine par Qin Shihuangdi, le premier empereur des Qin, marque en 221 av. J.C. l’avènement de la Chine impériale. La réforme et l’unification de l’écriture, des poids et mesures, de la monnaie donnent des bases solides au développement ultérieur d’un pays aux particularismes culturels encore très marqués. L’autodafé des livres non techniques en 213, le massacre des intellectuels qui s’ensuivit et une politique autocratique devaient sceller la chute du régime en 206 av. J.-C..

La dynastie des Han de l’Ouest (206 av J.-C.- 9 ap. J.-C.), installée à Chang’an, l’actuelle Xi’an (Shaanxi), restera une époque de référence pour les périodes postérieures. S’appuyant sur les réformes mises en place sous les Qin, elle développe un empire puissant et centralisé. Il étend ses frontières vers l’Asie centrale et, grâce aux liens diplomatiques établis avec les royaumes de cette région, obtient les fameux chevaux « capables de courir mille lieues en un jour » lui permettant de combattre la fédération Xiongnu qui le menace sur sa frontière nord. Ces contacts suscitent un véritable engouement pour les arts « barbares ».

Cette époque se distingue par une intense activité de recherche, de compilation et d’interprétation des textes légués par l’antiquité. Ceux-ci deviennent les classiques fondateurs et normatifs de la civilisation chinoise.

Après l’intermède du règne de Wang Mang, ministre Han qui fonda la dynastie des Xin, (9-24), la dynastie des Han de l’Est (25-220), en dépit d’une civilisation raffinée, aura du mal à retrouver le rayonnement de ses prédécesseurs. Elle est marquée par la faiblesse de ses empereurs et plusieurs soulèvements à caractère religieux eschatologique.

Du point de vue artistique, des décors dynamiques - constitués de courbes et de contre-courbes ponctuées d’excroissances nuageuses - dominent. L’artisanat bénéficie des revenus agricoles d’une élite urbaine policée et élégante, solidement ancrée sur ses propriétés foncières. Il est également encouragé par le gouvernement qui crée, notamment au Sichuan, des manufactures de laque.

A partir du IIème siècle avant J.-C. apparaissent dans l’iconographie les immortels des îles Penglai représentés comme des êtres hybrides, humanoïdes, aux extrémités crochues bientôt munis de petites ailes. Leur popularité va de pair avec l’émergence de la croyance en des lieux post-mortem tels que le séjour de Xi Wang Mu, la Reine Mère d’Occident sur le mont Kunlun.

Carte : Principaux sites Qin (221-206 av. J.-C.) et Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.)

LA TOMBE CHINOISE

L’inhumation a toujours été le principal mode de funérailles en Chine.

Au Néolithique les variantes régionales sont extrêment nombreuses. Sous la dynastie des Shang (vers 1550 - vers 1050 av. J.-C.), en particulier à Anyang, les tombes royales sont cruciformes : quatre rampes d’accès conduisent à la fosse centrale où sont déposés un cercueil intérieur et un cercueil extérieur. A chacune de ces tombes situées hors de la ville était associé un petit temple où étaient faites des offrandes au défunt.

Sous les Zhou (vers 1050-256 av. J.C.), la tombe se présente souvent sous la forme d’un puits donnant accès à une chambre funéraire en bois contenant le cercueil. Entre les cercueils intérieur et extérieur sont ménagés des compartiments dont le plus important est consacré aux bronzes rituels. Sous les Royaumes Combattants (481 - 221 av. J.-C.), les bronzes rituels sont supplantés dans les compartiments par des laques et divers objets de la vie quotidienne.

La dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C. - 9 ap. J.-C.) voit un important renouvellement de la conception des tombes et du rituel funéraire. En Chine du Nord, la brique et la pierre remplacent de plus en plus souvent le bois. Les tombes de moyenne importance sont accessibles par une rampe ou un puits vertical. Dans l’axe se succèdent un corridor, un vestibule jouant le rôle de salle de réception et une pièce principale, représentant l’appartement intérieur, dans laquelle se trouve le cercueil. Des pièces secondaires s’ouvrent de part et d’autre servant de resserres pour des objets évoquant les communs (cuisines, étables). Les objets les plus personnels (miroirs, agrafes, bijoux) sont déposés entre les cercueils intérieur et extérieur tandis que les substituts funéraires sont soigneusement placés à des endroits appropriés. Piliers et linteau se trouvent à l’intérieur de la tombe, soit à l’entrée, soit entre deux des pièces intérieures. Des cérémonies pouvaient ainsi avoir lieu à l’intérieur même de la tombe, non seulement lors des funérailles mais lorsqu’un second défunt, le plus souvent le conjoint du premier, était inhumé. Les sépultures étaient recouvertes d’un tumulus. Sous les Han de l’Est (25-220), le plan sera plus développé et le décor illustrera fidèlement la fonction des différentes pièces.

Durant la période de division (Dynasties du Nord et du Sud, 220-589), on observe généralement une réduction de l’échelle des tombes et une prise en compte accrue de la géomancie dans le choix de leur emplacement. Que ce soit dans le nord ou dans le sud, les tombes se distinguent par la qualité des pierres sculptées qui leurs sont associées : épitaphes, supports de cerceuils, éléments architecturaux. Cette tradition s’épanouira sous les Tang (618-907).

Tombe n° 61, Luoyang : à gauche : vue est-ouest vers le fond de la chambre funéraire, à droite : vue ouest-est en direction de la porte d’entrée, époque des Han de l’Est (25-220) (d’après Kaogu xuebao, 1964, n° 2).
Tombe du prince Yi De, Qianling (Shaanxi), 706, époque des Tang (618-907) (d’après Tang Li Chongrun mu bihua, 1974).

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