Dans son numéro annuel, la Revue des Arts Asiatiques, Annales du musée national des
arts asiatiques-Guimet et du musée Cernuschi, publie systématiquement les acquisitions du Musée Cernuschi.
Dons récents de la Société des Amis
2006 : M.C. 2006-78

H : 16,4 cm ; L : 48,7 cm
Grâce au soutien de la fondation Antoni Laurent, la société des amis du musée Cernuschi a accompagné le geste du Cercle des Connaisseurs de Cernuschi en faisant don d’une peinture sur éventail signée Lan Ying (1585-1664). L’œuvre daté de 1659 porte une dédicace de l’auteur : « Peint pour prendre congé de mon frère Chun le 15 de la première lune de l’année Jigai ». Elle est accompagnée d’un sceau « Lan Ying » en caractères rouges. L’usage audacieux de la couleur, sans soute la plus radicale des innovations picturales introduites par Lan Ying, est ici manifeste par l’usage contrasté du vert et du rose et du blanc. L’œuvre peut être rapprochée d’un chef-d’œuvre de la peinture sur éventail dû au pinceau de Lan Ying conservé au Musée de Nankin (Xu Huping (ed.) : Chinese painting, Gems of Collections in Nanjing Museum, Shanghai Classics publishing House, Shanghai, 1998, p.22). Ces deux œuvres datées de 1659 procèdent en effet d’une même veine créatrice. L’inscription précise les circonstances de la genèse de l’œuvre ; il s’agit d’un cadeau fait à l’occasion d’un départ. Ce faisant, elle souligne le rôle joué par les éventails peints dans la sociabilité des élites de l’époque.
2006 : Deux feuilles d’albums d’époque Qing (1644-1911) appartenant également à l’ancienne collection Reubi ont pu être acquises grâce à la générosité de Mme Lotus Mahé et au soutien de la Mont-Blanc Foundation. MC 2006-79 et MC 2006-80

(M.C. 2006-79; H : 26 cm ; L : 32,8 cm)
La première, signée Fang Cong, peintre actif à la cour pendant l’ère Qianlong, suggère l’importance accordée à une certaine conception de la peinture « lettrée » dans le milieu de l’académie impériale à cette époque. Cette peinture possède une étroite parenté de style avec l’une des pages d’un album de Fang Cong conservé au musée Guimet (« Jacques Giès, Marie-Catherine Rey (dir.) : Les très riches heures de la cour de Chine, chefs d’œuvres de la peinture impériale des Qing (1662-1796) », RMN 2006, p.138, n°cat 53 [haut]). Le poème signé et daté de 1770 qui accompagne la peinture a été traduit par François Reubi (Le pinceau des lettrés, peintures de la collection François Reubi, Collections Baur, n°56, automne-hiver 1993, p.34).
(M.C. 2006-80; H : 15,3 cm ; L : 19,8 cm)
La seconde feuille d’album signée Qian Du (1763-1844), est l’œuvre d’un créateur sans doute plus original, capable de revisiter l’œuvre des maîtres de l’école de Wu, tout en introduisant des harmonies colorées et des raccourcis perspectifs qui n’appartiennent qu’à lui. Ici Qian Du se distingue par la minutie extrême du travail du pinceau qui s’accorde à la modestie du format. L’impression qui se dégage du paysage n’en est pas moins aussi monumentale que dans des œuvres de plus grande taille comme le rouleau horizontal de Qian Du donné par Jean-Pierre Dubosc au musée de Cleveland (Eight Dynasties of Chinese Painting, the Collections of Nelson Atkins Museum, Kansas City and the Cleveland Museum of Art, 1980, p.381). L’œuvre signée « Shumei », surnom (hao) de Qian Du, porte l’inscription « D’après le style de Juzi Zhen, Shumei », elle est accompagnée d’un sceau en caractères rouges : « Du ».
2006 : Paire de guerriers, terre cuite polychromée, Chine septentrionale, Epoque des Sui (581-618), M.C. 2006-72 et M.C. 2006-73
Terre cuite polychromée, Chine septentrionale, Epoque des Sui (581-618)
H. 0,484 ; L. 0,157 ; P. 0,143 et
H. 0,48 ; L. 0,155 ; P. 0,145
M.C. 2006-72 et M.C. 2006-73
Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi
Ces gardiens tenaient de la main droite une lance et de la main gauche, sans doute,
un glaive aujourd'hui disparus car confectionnés en matériau périssable. Leur faciès
au nez fort, aux sourcils marqués et à la pilosité relativement abondante
trahit leur origine occidentale, certainement centrale asiatique. Outre
leur taille non négligeable, la fraîcheur exceptionnelle de leur polychromie
réhaussée d'or et le réalisme de leur physionomie retiennent l'attention.
Participant à un même ensemble, les deux militaires possèdent des
particularités dans leur pose et le décor de leur plastron. L'un
d'entre eux porte une armure à lamelles hexagonales (M.C. 2006-72).
L'autre, reposant sur sa jambe droite fléchie, arbore une protection
à lamelles carrées (M.C. 2006-73). On peut discuter de la réalité
de telles armures par rapport à des modèles effectivement portés
et de la liberté prise par le peintre à une époque aussi ancienne.
Rares cependant sont les guerriers Sui ayant conservé leur polychromie.
Il convient ainsi de citer un mingqi du Museum of Fine Arts de Boston
(inv. 37-205), il est vrai de plus petite taille mais à l'ornementation
également dorée, mais surtout une paire de gardes de taille quasi identique
aux nouvelles figurines du Musée Cernuschi (h : 0,473), conservées
au Tenri Museum de Tôkyô. Le décor riche et varié de leurs armures
juxtapose des lamelles hexagonales en partie haute et des lamelles rectangulaires
sur la jupe. L'un des deux s'appuie sur la jambe droite. Tous ces
militaires portent des sortes de guêtres accrochées sur les côtés
des genoux, destinées sans doute à protéger les flancs de leur monture
des aspérités de leur pantalon à écailles.
Aussi bien
par la forme des casques, des mantelets et des plastrons qui, bien serrés
à la taille, laissent ressortir un léger embonpoint, que par la typologie
particulière des « terrasses » creusées entre les pieds et servant
de soubassement aux statuettes, c'est avec les gardes du Tenri Museum
que les statuettes du Musée Cernuschi possèdent le plus d'analogies.
2005 : Battant de porte, grès, Chine, Epoque des Han de l'Est (25-220), MC 2005-2

H: 125,6 ; L : 57,4 ; P : 6,2
Grès
Chine
Epoque des Han de l'Est (25-220)
MC 2005-2, don de la Mont Blanc Foundation, de Lotus Mahé, lauréate du Prix Mont Blanc 2004, de la Société des Amis du musée Cernuschi et de la fondation Antoni Laurent.
L'œuvre présente un décor gravé d'un masque pushou portant un heurtoir annelé, d'un dragon ailé et, dans la partie haute, d'un oiseau huppé. Aux Ier - IIIe siècles, les tombes étaient closes par de semblables portes en pierre, entourées par deux montants et un linteau portant le plus souvent, comme sur l'œuvre qui nous intéresse, des décors sculptés en méplat : animaux-gardiens fantastiques et masque pushou.
2004 : Henri Cernuschi (1821 – 1896), manuscrit, Petits
arguments, encre sur papier, MC 2004-8 a-r
H.: 0,227; L.: 0,182
Don des Amis du Musée Cernuschi
Le musée ne possédait aucun manuscrit de son fondateur. L'achat en 2003
et 2004 de deux manuscrits autographes d'Henri Cernuschi destnés à ses
éditeurs permet d'évoquer le rôle de théoricien de l'économie, développé
dans son abondante bibliographie.
2003 : Henri Cernuschi (1821 – 1896), manuscrit, Discours prononcé par Monsieur Luzzati devant une assemblée
d’économistes, encre sur papier, MC 2003-5 a-j
H.: 0,23; L.: 0,182
M.C. 2003-5 (a à j). Don de Madame Lotus Mahé et de la Société des Amis du Musée Cernuschi
Le musée ne possédait aucun manuscrit de son fondateur. L'achat en 2003
et 2004 de deux manuscrits autographes d'Henri Cernuschi destnés à ses
éditeurs permet d'évoquer le rôle de théoricien de l'économie, développé
dans son abondante bibliographie.
2002 : Qi Baishi (1863 – 1957 ), Pie sur branchage,
Années 1930, MC 2002-2

Encre et couleurs sur papier
H. :1,313 ; L. :0,335
M.C. 2002-2. Don de la Fondation Antoni Laurent avec la participation de la Société des Amis du Musée Cernuschi.
Parmi les différents genres pratiqués par Qi Baishi, la peinture de fleurs et oiseaux occupe une place singulière. Ces sujets pratiqués de manière continue pendant près de soixante-dix ans de création picturale permettent d’illustrer les différents renouvellements du style de l’artiste. Ainsi dans les années vingt, ce genre va être le lieu de formation d’un style personnel, librement inspiré de Badashanren (1626-1705), dont la Pie du Musée Cernuschi constitue un exemple caractéristique.
2000 : Cadre pour le portrait d’Henri Cernuschi, Italie, XVIIe
siècle, MC 2000-5

Cadre
Bois doré
H. : 1,06 ; L : 0,925
Bologne (?), Italie
XVIIe
M.C. 2000-5. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 2000
Le portrait d’Henri Cernuschi, peint par Léon Bonnat (1833-1922) en 1890,
L'un des rares souvenirs de notre fondateur conservés au musée, a été offert désencadré en 1919 par Sir et Lady Martin Conway. Grâce aux Amis, ce beau cadre bolonais exalte désormais les qualités picturales de l’œuvre.
1998: Musicien céleste, pierre, style du Yungang, Chine,
Shanxi, avant 480, dynastie des Wei du Nord (386 – 535), MC 10013

Grès
43,5 x 30 x 3
Chine, province du Shanxi, site de Yungang
Avant 480, dynastie des Wei du Nord (386 - 534).
M.C. 10013 ; Coll. C.T. Loo, Paris ; vente novembre 1963 ; coll. part. Paris ; don de la Société des Amis du Musée Cernuschi avec des contributions de M. François Pinault, de M. et Mme Yves Mahé, de M. Jacques Barrère, de la Fondation Antoni Laurent, d’un groupe de quarante sept amateurs et d’un crédit de la Ville de Paris afin de commémorer le centenaire du Musée Cernuschi, 1998.
Bien qu’on ignore sa provenance exacte, l’œuvre peut-être étroitement comparée aux sculptures des cavernes de Yungang (Shanxi), qui ont été aménagées à partir de 460.
Le relief faisait partie des groupes des divinités volantes et musiciennes qui pouvaient décorer les retombées des plafonds et les arcatures surmontant les ouvertures ou les niches abritant les statues des buddha et des bodhisattva. Ces déités mineures sont communes aux iconographies bouddhiques et hindoues. Ainsi, le génie du Musée Cernuschi appartient au groupe des gandharva, musiciens au service d’Indra, le roi des dieux, qui réside dans une cité fantasmatique et merveilleuse du nom de Gandharvanagara. Ces êtres ne doivent pas être confondus avec d’autres créatures mythiques tels les kinnara, chanteurs pourvus le plus souvent d’une tête humaine et d’un corps d’oiseau, ou bien les vidyadhara qui, chargés de plateau, lancent du haut des cieux fleurs et joyaux sur les divinités.
Le musicien du Musée Cernuschi joue du pipa, instrument à cordes originaire d’Asie Centrale mais adopté à date ancienne par la Chine. Les cavernes de Yungang présentent de nombreux groupes de musiciens, particulièrement les grottes n° 6, 7, 8 et 16, qui ne sont pas sans affinités avec le musicien du Musée Cernuschi.
Si le drapé par larges plis incisés et l’expression souriante du visage participent du premier style de Yungang, les traits émaciés témoignent d’une date plus récente, peut-être juste avant la mutation stylistique de 480.
Peu d’aménagements à Yungang présentent les même caractéristiques ; les visages circulaires, presque poupins se maintenant dans la caverne 6, premier témoignage du style nouveau. Seul le groupe de grottes et de niches n° 11, particulièrement la caverne n° 11 A, possède des sculptures proches du Musicien céleste. Cet ensemble de cavernes particulièrement mal conservé était précédé de vestibules en grande partie disparus dont nous ignorerons toujours le programme iconographique.
1996 : Console, bois, Chine, 2nd moitié du XIXe
siècle, dynastie des Qing (1644 – 1911), MC 9930

Console
Bois qun (yimu)
H. 0,88 ; L. 0,99 ; P. 0,41;
Chine
Seconde moitié du XIXe siècle
M.C. 9930. Don de la Société des Amis du musée Cernuschi, 1996
En 1996, la bibliothèque du musée qui porte le nom du troisième directeur, René Grousset, trop à l’étroit dans l’une des salles du premier étage, fut transférée un niveau plus haut et occupe désormais la totalité de l’ancien appartement du conservateur.
Ce meuble sympathique, modeste et provincial a été acquis pour décorer le vestibule de ce nouvel espace.
1995 : Paire de vases de type Fang, terre cuite polychrome, Chine
septentrionale, époque des Han de l’Ouest (206 av. JC – 9 ap.
JC), MC 9918 a-d

MC 9918 a et b : H. 0,435 ; L. : 0,202 ; P. : 0,195
MC 9908 c et d : H. : 0,439 ; L. : 0,196 ; P. : 0,194
Chine septentrionale
Epoque des Han de l’Ouest (206 av. J.-C.-9 ap. J.-C.)
MC 9918 a et c. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi avec la participation d’un amateur anonyme, de Monsieur Patrice Vergé et de Madame Giselle Croës, 1995
M.C. 9918 b et d. Achat, 1995
Ce type de vases est parfois appelé «
hu carré et couvert » (
gaifanghu) mais on les désigne le plus souvent par le terme fanghu. La couleur sombre de leur terre indique une provenance septentrionale (provinces du Henan ou du Shaanxi). Les décors peints évoquent tout à la fois des incrustations de métaux précieux et les motifs délicats qui ornent les pièces laquées originaires de Chine méridionale. On remarquera les anneaux de préhension peints en trompe-l’œil.
1994 : Jarre, terre cuite, Chine septentrionale, IVe siècle,
dynastie des Sui (581 – 618), MC 9916

H. : 0,39 ; D. :0,37
VI e siècle. Dynastie des Sui (581-618)
M.C. 9916. Don de la Fondation Antoni Laurent et de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1994
Cette imposante jarre à belle glaçure verte, irisée par un long séjour en terre, portent sur sa panse des médaillons perlés. Elle participe ainsi à un groupe de vases et de chandeliers couramment considérés comme inspirés de l’orfèvrerie sassanide. Ces motifs « occidentalisants » seraient apparus dans un premier temps en Chine septentrionale. Des jarres comparables ont cependant été découvertes sur une aire beaucoup plus vaste (provinces du Hubei, de l’Anhui, du Shandong et du Henan).
1993 : Gobelet à pied, terre cuite noire lustrée,
Chine, province du Shandong, culture de Longshan, (vers 2500 – vers
1800 av. JC), MC 9908

Gobelet
Terre cuite
H. 0,18 ; L. : 0,073
Province du Shandong
Culture de Longshan (vers 2500-vers 1800)
M.C. 9908. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1993
La culture néolithique de Longshan, originaire du Shandong, se caractérise entre autres par une céramique montée au tour, aux parois d’une minceur si fine (moins d’un millimètre d’épaisseur) que l’expression « coquille d’œuf » a été usitée pour le décrire. Sa couleur d’un noir profond est accentuée par leur poli externe obtenu par lustrage. Les vases, mouillés et cuits dans une atmosphère en réduction, absorbent le carbone dégagé par le combustible. Son taux, à la surface des pièces, excède de manière considérable, la teneur en carbone dans le corps même du matériau céramique. Cette couleur noire caractéristique est à l’origine de l’expression « culture de la poterie noire » ( Black Pottery Culture) par laquelle on désigne parfois la culture de Longshan.
1992 : Vase de type lian, bronze, Chine du Sud, époque des
Han de l’Est (25 – 220), MC 9892

H. : 0,323 ; L. : 0,254 ; P. :0,253
Chine méridionale.
Début du 1er siècle. Dynastie des Han (206 av. J.-C.-220 ap. J.-C.)
M.C. 9892. Don de la Fondation Antoni Laurent avec un complément de la Société des Amis du Musée Cernuschi.
Ce
lian fait partie d’une production particulière caractérisée par un alliage de couleur vert clair et par un fin décor, qu’on croirait incisé, réparti sur des registres bien délimités, séparés par des bandes moulurées portant parfois des décors géométriques. Les archéologues attribuent à ces pièces une origine méridionale ( Provinces du Hunan, du Guizhou ou du Guangdong).
1992 : Quatre Mingqi, protocéladon de Yue, Chine du Sud,
IV-Ve siècle, MC 9894 à 9897
1991 : Hampe, bronze, Chine, début de la dynastie des Zhou de
l’Ouest (vers 1050 – 771 av. JC), MC 9870

Hampe
Bronze
H : 0,255 ; L : 0,139 ; P : 0,011
Chine
2e moitié du XIe siècle - Xe siècle av. J.-C .Dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050-771 av. .J.C.)
M.C. 9870. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1991
On ignore la destination de cette superbe hampe en forme de dragon. Une douille permettait d’amarrer la pièce sur un axe, soit pour compléter un oriflamme, soit pour décorer la caisse d’un char de combat. Par son graphisme expressif, le dragon de type
kui est représentatif de l’esthétique expressive des Zhou de l’Ouest.
1990 : Vase tripode pour la cuisson à la vapeur (xian ou yan),
bronze, Chine, début de la dynastie des Zhou de l’Ouest (vers
1050 – 771 av JC), MC 9841

H. : 0,40
Chine septentrionale
XI e -Xe siècles av. J.-C.. Dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050-771 av..J.-C.)
M.C. 9841. Don de la Fondation Antoni Laurent avec une une participation de la Société des Amis du Musée Cernuschi.
Une plaque ajourée sépare les pieds creux où l’on plaçait l’eau, des aliments. Ce type de vases est attesté depuis l’époque Erligang (vers 1550 – vers 1300 av. J.-C.). L’exemplaire du musée Cernuschi est caractéristique de la production du début des Zhou de l’Ouest qui voit pour un temps se perpétuer l’esthétique de l’époque d’Anyang.
1990 : Tétrapode, terre cuite, Chine, dynastie des Zhou de
l’Ouest (vers 1050 – 771 av JC), MC 9842

Tétrapode
liheTerre cuite
H. : 0,26
Chine
Dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050-771 av. J.-C.)
M.C. 9812. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, avec la participation de M.et Mme Patrice Vergé, 1990.
Parallèlement aux vases de bronze, il est important de collecter également des humbles témoignages de la vie quotidienne. Dans cette perspective, si les tripodes en terre cuite, utilisés depuis l’époque néolithique, ont été conservés en grand nombre, rares sont les tétrapodes, attestés néanmoins dans de nombreuses provinces.
1989 : Gourde, céramique, Chine, dynastie des Liao (907 –
1125), MC 9825

Gourde
Terre cuite
H. : 0,375
Chine septentrionale
Dynastie des Liao (907-1125)
M.C. 9825 . Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1989.
Les Khitan, peuple nomade de Mongolie intérieure, après la création de leur état en 907, à l’effondrement de la dynastie des Tang, s’arrogeront un titre impérial. Leur culture mêle des éléments de l’art des Tang à des réminiscences de leurs traditions nomades. Ainsi leur production céramique comporte de nombreuses gourdes. Les plus anciennes sont des copies fidèles de gourdes véritables en cuir. Avec le temps, leur formes deviennent de plus en plus stylisées.
Sur la pièce du musée, il convient d’attirer l’attention sur la belle glaçure de couleur noire et brillante, aux subtils reflets verts, obtenue par une cuisson en réduction.
1988 : Paravent, laque dite « de Coromandel », Chine,
règne de l’empereur Kangxi (1662-1722), MC 9808

Paravent
Bois laqué. Technique dite de Coromandel.
H. : 2,82 ; L.: 5,52
Chine méridionale
Fin du XVIIe siècle. Règne de Kangxi (r.1662-1722)
M.C. 9808 ; Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1989 ;
Coromandel est le nom de la côte sud-est de l’Inde où de nombreux ports servaient d’escale aux bateaux des compagnies qui faisaient commerce entre l’Europe et l’Extrême Orient, ainsi la Compagnie des Indes pour la France. Dès l’époque de Louis XIV, on prit l’habitude d’appeler «coromandel » une technique particulière de gravure sur laque.
On peut répartir la plupart des paravents en coromandel selon un petit nombre de sujets, ici une audience dans un palais. Les bâtiments sont représentés en vue plongeante. Derrière les pavillons de réception, on découvre les appartements privés.
1987 : Qi Baishi (1863 – 1957), Deux pommes, encre et
couleurs sur papier, MC 9792

Qi Baishi (1863-1957)
Deux pommes
Encre et couleurs sur papier
H. : 0,275 ; L. : 0,333
M.C. 9792. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1987
Cette éblouissante pochade témoigne du brio de Qi Baishi. De simples tâches de couleurs permettent avec brio l’évocation des deux fruits.
1986 : Ensemble de statuettes funéraires, porcelaine de type
qingbai, Chine, dynastie des Song (960-1279), MC 9780 à 9788
9780 à 9788
Statuaires funéraires
Porcelaine
H. moyenne 0,20
Fours de Jingdhezhen, province du Jiangxi
Dynastie des Song du Nord (960-1126)
M.C. 9780-9788. Don de la Fondation Antoni Laurent et de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1986.
A la fin de la dynastie des Tang (618-907), les rituels funéraires changent. Aux coûteuses statuaires participant du mobilier de l’au-delà, on préfére souvent des simulacres de papier, brûlés durant les funérailles. L’usage des
mingqi reste cependant attesté à l’époque des Song.
De neuf statuettes entrées en 1986 au musée, figurent ici deux d’entre elles : dame debout, et suppliant, figurines peut-être liées au théâtre. Elles sont caractéristiques des tendances au réalisme et à l’anecdotisme de la statuaire de l’époque, comme en témoignent les reliefs des grottes de Dazu.
Acquisitions exceptionnelles : la Société des Amis suscite également des dons importants
2005 : Zun, bronze, récipient, milieu du XIIe s. av. J.-C, don de la société Total
Zun
Grâce
au mécénat de Total, les collections chinoises du
musée
Cernuschi viennent de
s'enrichir d'une œuvre
majeure : un récipient en bronze du milieu du XIIe s. av. J.-C.
La
vaisselle métallique constitue l'une des productions les plus
prestigieuses de l'art
chinois, recherchée de tout temps
par les amateurs. Afin d'enrichir les collections
impériales, les premières fouilles archéologiques
ne remontent-elles pas au
Xe siècle !
Ces
récipients, exécutés du XVIe s. av. J.-C. jusqu'au
IIIe s. ap. J.-C., possèdent une typologie variée et une ornementation
diversifiée. A l'époque Shang (vers 1550 - vers 1050 av. J.-C.), ils participaient à la vaisselle d'apparat, utilisée lors de banquets cérémoniels au cours desquels on rendait hommage
aux ancêtres du clan.
On les classe entre récipients pour les nourritures solides et vases pour les liquides,
plus particulièrement des boissons sans doute aromatisées.
La pièce de type Zun dont Total vient d'enrichir
le patrimoine parisien appartient à cette dernière catégorie.
Avant d'être réchauffées, les boissons étaient conservées
dans des bouteilles de bronze, puis présentées dans des récipients comme celui-ci.
Outre
sa qualité plastique indéniable, son
bon état de conservation, la
subtilité de sa
patine, la variété de son décor, le Zun offert par
Total présente une rareté iconographique. Au lieu des masques farouches et
protecteurs qui habituellement en garnissent la panse, ici
un visage mi-humain
mi-oiseau, en fait l'un des
sommets de l'art de la Chine antique.
Le Zun est répertorié
depuis plus de soixante
ans, publié à de nombreuses reprises dans des ouvrages
savants et a constitué
le chef-d'œuvre du
Bijutsukan de
Nara au Japon, musée privé intégralement vendu en 1987 à la mort de
son fondateur. Le Zun,
ensuite conservé
par un
collectionneur privé, réapparaît aujourd'hui pour
la plus grande joie des
Parisiens.
2001 :
Parure funéraire, bronze doré, Mongolie intérieure ou Liaoning, Premier quart du XIIe s., Dynastie des Liao (916-1125), MC 2001-5 et 6, don de M. et Mme Yves Mahé.
Parure funéraire Liao, Bronze doré, H. : 0,533, Mongolie intérieure ou
Liaoning,
Premier quart du XIIe s.
Dynastie des Liao (916-1125).
MC 2001-5 et 6
Don de M. et Mme Yves Mahé en mémoire de Jacqueline
Simon-Mahé, 2001
Les coutumes
funéraires des Kitan-Liao, peuples semi-nomades sur
les confins septentrionaux de l'Empire chinois, comprenaient l'usage de
masques funéraires. Très stylisés au début
de la
dynastie, ces éléments acquièrent au début
du XIIe siècle une somptuosité et
naturalisme rares. Ce beau masque et son pendant masculin (don de Mme
et M. Agnès et Christian
Deydier) peuvent rivaliser avec les meilleurs exemples de cette
production
conservés au musée d'Urumqi.
©Photothèque des Musées de la Ville de Paris / Photo
Philippe Ladet
Grâce à votre soutien généreux nous avons pu attribuer les dons de 2005 et 2006 à l'achat de peintures des périodes Ming (1368 - 1644) et Qing (1644 - 1911) sous forme d'éventails et de feuillets d'album, d'artistes aussi renommés que Wen Zhengming et Dong Qichang. Ces oeuvres appartenaient à une collection privée suisse. Ces peintures viendront enrichir les collections du musée de manière significative.
Le don d’un ensemble de trois peintures et d’une calligraphie sur éventails constitue le geste inaugural d’une politique d’acquisition généreuse initiée par les amateurs réunis au sein du Cercle des Connaisseurs de Cernuschi. Ces œuvres ayant appartenu successivement aux collectionneurs Jean-Pierre Dubosc (1904-1988) et François Reubi (1917–1997), sont signées de quelques-uns des plus grands noms de l’époque des Ming : Wen Zhengming (1470-1559), Wen Boren (1502-1575 ), Dong Qichang (1555-1636) et Chen Yuansu (actif de 1606-1630).
M.C. 2006-75

H : 17,6 cm ; L : 49,4 cm
Ce poème calligraphié de Wen Zhengming (1470-1559) (permet d’évoquer l’œuvre du très célèbre peintre et calligraphe Ming. L’œuvre signée « Zhengming » est accompagnée de deux sceaux : « Wen Zhengming yin » et « Zhengzhong ». Une traduction de ce poème a été publiée par François Reubi (Le pinceau des lettrés, peintures de la collection François Reubi, Collections Baur, n°56, automne-hiver 1993, p.8), qui remarquait que le poème faisait partie d’un ensemble d’œuvres dédiées à Shen Zhou et publiées du vivant de l’auteur dans le recueil Futianji. Il convient de rapprocher cette œuvre d’un autre éventail de Wen Zhengming, dont la particularité est d’avoir été exhumé à l’occasion de fouilles dans les années 1970 (Su Huaping, Wuxian Dongtingshan Ming mu chutu de Wen Zhengming shuhua, Wenwu, 1977, n°3 p.65-68). La calligraphie, exécutée dans le style semi-cursif (xingcao), est exemplaire de la maturité de Wen Zhengming.
M.C. 2006-74

H : 14,5 cm ; L : 45,1 cm
Le second éventail, peint par Wen Boren (1502-1575), neveu de Wen Zhengming, présente des bambous associés à un arbre et un rocher. L’œuvre est signée « Wufeng », le surnom (hao) de Wen Boren. Par certains aspects, en particulier le rendu du feuillage de l’arbre à l’arrière-plan, cette œuvre n’est pas sans évoquer certaines œuvres de Wen Zhengming au sujet similaire, comme les éventails conservés au musée de Shanghai (Zhongguo gudai shuhua tumu, Wenwu Chubanshe, 1987, t.II, p.320, n°1_0585), ou de Nankin (Clunas, Craig : Elegant debts, the social art of Wen Zhengming, Reaktion books, 2004, p.123). En revanche, la composition qui se développe à partir de l’axe médian est peut-être un trait plus personnel. L’œuvre, présentée à la Mostra d’Arte Cinese à Venise en 1954, a également été publiée par Jean-Pierre Dubosc (Wen Zhengming et son école. Lausanne, Maurice Bridel, 1961, p.28-29).
M.C. 2006-76

H : 17,3 cm ; L : 54,9 cm
Par son œuvre de théoricien, Dong Qichang (1555-1636) a exercé une influence décisive sur l’interprétation de l’histoire de l’art de la Chine. Sa connaissance de l’art du passé joue un rôle fondamental dans son activité de peintre et de calligraphe. Cette œuvre signée « Qichang » est accompagnée de deux sceaux de l’artiste « Qi » et « Chang ». Elle présente en outre une inscription de l’auteur : « Peint dans le style des « Montagnes au printemps » de Juran ». Si les « ridelles de chanvre éparpillé » peuvent évoquer la peinture de Juran, en revanche les touches plates qui ornent le flanc des montagnes de l’arrière-plan évoquent le style de Mi Fu. Parallèlement à ces références à la peinture de l’époque des Song, le bouquet d’arbres du premier plan, typique de Dong Qichang (La Chine sur éventails, Collection du Musée de Nankin, Crédit Communal, Bruxelles, 1993, n°cat 33, p.85), pourrait être un thème dérivé de l’école de Wu. On notera le rôle joué par la couleur dans la conjonction harmonieuse de ces motifs. Le style de cet éventail l’apparente à une feuille d’un album daté 1620 conservé au musée de Shanghai (Ho, Wai-Kam ; Smith, Judith (ed.) : The Century of Dong Qichang (1555-1636), The Nelson-Atkins Museum of Art, 1992, p.204).
M.C. 2006-77

H : 17 cm ; L : 50,5 cm
Comme l’attestent les œuvres aujourd’hui conservées dans les collections du musée de Shanghai (Zhongguo gudai shuhua tumu, Wenwu Chubanshe, 1990, t.III, p.335, n°cat.1_1573) ou de l’université de Princeton (Suzuki Kei (ed.) : Comprehensive Illustrated Catalogue of Chinese paintings, University of Tokyo Press, t.I, p.111, n°cat.A16-021) il semble que les orchidées aient été le sujet de prédilection de Chen Yuansu (actif de 1606 à 1630). La comparaison de ces différentes œuvres, respectivement montées en rouleau horizontal (Shanghai) et en rouleau vertical (Princeton), permet de mettre en valeur le traitement unique de l’éventail dont le format s’accorde de manière particulièrement heureuse au sujet représenté (fig.11). L’œuvre signée « Chen Yuansu » est accompagnée de deux sceaux de l’artiste dont seul le premier est lisible : « Yuansu ».
Textes de Eric Lefebvre, d’après « Arts asiatiques », Tome 62-2007
01/12/2006. 16:38