Encre sur papier
H.115,8 cm ; L.35,6 cm
Daté : 1813

Zhu Henian (1760-1834), originaire de Taizhou au Jiangsu, a été principalement actif à Pékin, où son nom fut associé à celui de deux autres artistes, Zhu Angzhi et Zhu Ben, qui forment avec lui l’école des trois Zhu.
De nombreuses peintures de Zhu Henian dédicacées à des figures éminentes des cercles lettrés comme Weng Fanggang, Yi Bingshou, ou Ruan Yuan, expliquent le caractère savant des peintures de Zhu Henian dont le style, d’une maîtrise classique, témoigne d’une parfaite connaissance des maîtres du passé. Néanmoins, l’inscription portée sur la peinture Falaise et pins, cascade en suspens témoigne paradoxalement de son rapport vis-à-vis de ces modèles picturaux. Ainsi le colophon apposé sur l’oeuvre nous apprend que cette œuvre a été crée en réaction au caractère médiocre d’une peinture représentant les monts Tiantai, copie (moben) qui n’était pas à la hauteur des descriptions qu’en avait fait le poète Lu Guimeng ( ?- 881) des Tang. Déçu par cette œuvre entrevue chez un collectionneur, le peintre a entrepris de représenter les grands pins selon son imagination.
La peinture proposée en don par les amis du musée Cernuschi peut être rapprochée d’une œuvre conservée au musée de Tianjin pour son traitement au pinceau sec des masses rocheuses (ZGGDSHTM, t.10, p.226). Le principe qui consiste à structurer la composition autour d’un bouquet de grands arbres formant un axe central est également illustré par une des peintures de Zhu Henian les plus connues, le pavillon aux 10000 rouleaux (musée provincial du Sichuan, ZGGDSHTM, t.17, p.123).
Encre sur papier
Daté: 1818
H:132 cm; L: 26,2 cm

Qian Du était originaire de la région de Hangzhou au Zhejiang. Il appartenait à une famille aisée où l’on cultivait l’art de la peinture. Au-delà de la collection familiale, les voyages devaient nourrir la peinture de Qian Du. Ses œuvres littéraires comme le Songhu huayi, contiennent des remarques éclairantes sur l’art du peintre. L’œuvre de Qian Du illustre la vitalité persistante de la vie culturelle et de la création artistique dans le Jiangnan, à la veille des troubles de l’insurrection des Taiping.
Ce paysage d’hiver a été réalisé en 1818. Les sommets enneigés surplombent un abri entouré de grands pins où un personnage solitaire se tient assis. La composition tire un parti très original du format long et étroit : le massif compact formé par les pins est repris en hauteur par la silhouette des chaînes montagneuses. Le poème est d’une grande simplicité, en accord avec les conditions rigoureuses de la saison. Il évoque la proximité du poêle, l’odeur des légumes cuits, le fracas du vent dans les branches. Les circonstances sont précisées par Qian Du qui présente la peinture comme un souvenir de son passage à Bai Xia, à proximité de Nanjing, en 1816.
En matière de calligraphie, Qian Du, qui avait formé son style d’après les modèles de Yu Shinan (558-638) et Chu Suiliang (597-658), s’inspire de l’élégante écriture de Yun Shouping. La facture picturale, extrêmement minutieuse, évoque l’école de Wu, en particulier Wen Zhengming. Qian Du avait en effet eu l’opportunité d’étudier les œuvres du maître dans la collection familiale, ce qui avait contribué à la formation de son style de manière décisive. Si la calligraphie de Yun Shouping, et la peinture de Wen Zhengming ont pu être considérées comme des modèles de raffinement, Qian Du semble avoir cherché à dépasser ses modèles par la délicatesse de son style.
Situé en marge de l’orthodoxie, Qian Du, se plaît à revisiter l’œuvre des maîtres du XVème et du XVIème, tout en introduisant des harmonies colorées et des raccourcis perspectifs qui lui appartiennent en propre. Dans ce paysage d’hiver le parti pris de verticalité aboutit à la superposition des éléments paysagers. Ce principe de composition caractérise également une œuvre de Qian Du conservée au musée du palais de Pékin (ZGMSQJ, Huihua bian, Qingdai huihua (xia), n°120). Cette peinture à la polychromie affirmée est de dimensions sensiblement comparables et datée de 1819, soit quelques mois après la création du paysage d’hiver.

H : 16,4 cm ; L : 48,7 cm.
Grâce au soutien de la fondation Antoni Laurent, la société des amis du musée Cernuschi a accompagné le geste du Cercle des Connaisseurs de Cernuschi en faisant don d’une peinture sur éventail signée Lan Ying (1585-1664). L’œuvre datée de 1659 porte une dédicace de l’auteur : « Peint pour prendre congé de mon frère Chun le 15 de la première lune de l’année Jigai ». Elle est accompagnée d’un sceau « Lan Ying » en caractères rouges. L’usage audacieux de la couleur, sans doute la plus radicale des innovations picturales introduites par Lan Ying, est ici manifeste par l’usage contrasté du vert, du rose et du blanc. L’œuvre peut être rapprochée d’un chef-d’œuvre de la peinture sur éventail dû au pinceau de Lan Ying conservé au Musée de Nankin (Xu Huping (ed.) : Chinese painting, Gems of Collections in Nanjing Museum, Shanghai Classics publishing House, Shanghai, 1998, p.22). Ces deux œuvres datées de 1659 procèdent en effet d’une même veine créatrice. L’inscription précise les circonstances de la genèse de l’œuvre ; il s’agit d’un cadeau fait à l’occasion d’un départ. Ce faisant, elle souligne le rôle joué par les éventails peints dans la sociabilité des élites de l’époque.
2006 : Deux feuilles d’albums d’époque Qing (1644-1911) appartenant également à l’ancienne collection Reubi ont pu être acquises grâce à la générosité de Mme Lotus Mahé et au soutien de la Mont-Blanc Foundation. MC 2006-79. et MC 2006-80.
M.C. 2006-79. Paysage. Fang Cong
H : 26 cm ; L : 32,8 cm
La première, signée Fang Cong, peintre actif à la cour pendant l’ère Qianlong, suggère l’importance accordée à une certaine conception de la peinture « lettrée » dans le milieu de l’académie impériale à cette époque. Cette peinture possède une étroite parenté de style avec l’une des pages d’un album de Fang Cong conservé au musée Guimet (« Jacques Giès, Marie-Catherine Rey (dir.) : Les très riches heures de la cour de Chine, chefs d’œuvres de la peinture impériale des Qing (1662-1796) », RMN 2006, p.138, n°cat 53 [haut]). Le poème signé et daté de 1770 qui accompagne la peinture a été traduit par François Reubi (Le pinceau des lettrés, peintures de la collection François Reubi, Collections Baur, n°56, automne-hiver 1993, p.34).
H : 15,3 cm ; L : 19,8 cm
La seconde feuille d’album signée Qian Du (1763-1844), est l’œuvre d’un créateur sans doute plus original, capable de revisiter l’œuvre des maîtres de l’école de Wu, tout en introduisant des harmonies colorées et des raccourcis perspectifs qui n’appartiennent qu’à lui. Ici Qian Du se distingue par la minutie extrême du travail du pinceau qui s’accorde à la modestie du format. L’impression qui se dégage du paysage n’en est pas moins aussi monumentale que dans des œuvres de plus grande taille comme le rouleau horizontal de Qian Du donné par Jean-Pierre Dubosc au musée de Cleveland (Eight Dynasties of Chinese Painting, the Collections of Nelson Atkins Museum, Kansas City and the Cleveland Museum of Art, 1980, p.381). L’œuvre signée « Shumei », surnom (hao) de Qian Du, porte l’inscription « D’après le style de Juzi Zhen, Shumei », elle est accompagnée d’un sceau en caractères rouges : « Du ».
2006 : Paire de guerriers, terre cuite polychromée, Chine septentrionale, Epoque des Sui (581-618),
M.C. 2006-72. et M.C. 2006-73.

Terre cuite polychromée, Chine septentrionale, Epoque des Sui (581-618)
H. 0,484 ; L. 0,157 ; P. 0,143 et
H. 0,48 ; L. 0,155 ; P. 0,145
M.C. 2006-72. et M.C. 2006-73.
Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi
Ces gardiens tenaient de la main droite une lance et de la main gauche, sans doute,
un glaive aujourd’hui disparus car confectionnés en matériau périssable. Leur faciès
au nez fort, aux sourcils marqués et à la pilosité relativement abondante
trahit leur origine occidentale, certainement centrale asiatique. Outre
leur taille non négligeable, la fraîcheur exceptionnelle de leur polychromie
réhaussée d’or et le réalisme de leur physionomie retiennent l’attention.
Participant à un même ensemble, les deux militaires possèdent des
particularités dans leur pose et le décor de leur plastron. L’un d’entre eux porte une armure à lamelles hexagonales (M.C. 2006-72.). L’autre, reposant sur sa jambe droite fléchie, arbore une protection à lamelles carrées (M.C. 2006-73). On peut discuter de la réalité
de telles armures par rapport à des modèles effectivement portés et de la liberté prise par le peintre à une époque aussi ancienne. Rares cependant sont les guerriers Sui ayant conservé leur polychromie. Il convient ainsi de citer un mingqi du Museum of Fine Arts de Boston (inv. 37-205), il est vrai de plus petite taille mais à l’ornementation également dorée, mais surtout une paire de gardes de taille quasi identique
aux nouvelles figurines du Musée Cernuschi (h : 0,473), conservées au Tenri Museum de Tôkyô. Le décor riche et varié de leurs armures juxtapose des lamelles hexagonales en partie haute et des lamelles rectangulaires
sur la jupe. L’un des deux s’appuie sur la jambe droite. Tous ces
militaires portent des sortes de guêtres accrochées sur les côtés des genoux, destinées sans doute à protéger les flancs de leur monture des aspérités de leur pantalon à écailles.
Aussi bien par la forme des casques, des mantelets et des plastrons qui, bien serrés à la taille, laissent ressortir un léger embonpoint, que par la typologie
particulière des « terrasses » creusées entre les pieds et servant de soubassement aux statuettes, c’est avec les gardes du Tenri Museum que les statuettes du Musée Cernuschi possèdent le plus d’analogies.
2005 : Battant de porte, grès, Chine, Epoque des Han de l’Est (25-220), MC 2005-2.
H: 125,6 ; L : 57,4 ; P : 6,2
Grès
Chine
Epoque des Han de l’Est (25-220)
MC 2005-2., don de la Mont Blanc Foundation, de Lotus Mahé, lauréate du Prix Mont Blanc 2004, de la Société des Amis du musée Cernuschi et de la fondation Antoni Laurent.
L’œuvre présente un décor gravé d’un masque pushou portant un heurtoir annelé, d’un dragon ailé et, dans la partie haute, d’un oiseau huppé. Aux Ier – IIIe siècles, les tombes étaient closes par de semblables portes en pierre, entourées par deux montants et un linteau portant le plus souvent, comme sur l’œuvre qui nous intéresse, des décors sculptés en méplat : animaux-gardiens fantastiques et masque pushou.
2004 : Henri Cernuschi (1821 – 1896), manuscrit, Petits
arguments, encre sur papier, MC 2004-8-a-r.
H.: 0,227; L.: 0,182
Don des Amis du Musée Cernuschi
Le musée ne possédait aucun manuscrit de son fondateur. L’achat en 2003 et 2004 de deux manuscrits autographes d’Henri Cernuschi destinés à ses éditeurs permet d’évoquer le rôle de théoricien de l’économie, développé dans son abondante bibliographie.
2003 : Henri Cernuschi (1821 – 1896), manuscrit, Discours prononcé par Monsieur Luzzati devant une assemblée
d’économistes, encre sur papier, MC 2003-5 a-j
H.: 0,23; L.: 0,182
M.C. 2003-5 (a à j). Don de Madame Lotus Mahé et de la Société des Amis du Musée Cernuschi
Le musée ne possédait aucun manuscrit de son fondateur. L’achat en 2003
et 2004 de deux manuscrits autographes d’Henri Cernuschi destinés à ses
éditeurs permet d’évoquer le rôle de théoricien de l’économie, développé
dans son abondante bibliographie.
2002 : Qi Baishi (1863 – 1957 ), Pie sur branchage,
années 1930, encre et couleurs sur papier, MC 2002-2.

H. :1,313 ; L. :0,335
M.C. 2002-2. Don de la Fondation Antoni Laurent avec la participation de la Société des Amis du Musée Cernuschi.
Parmi les différents genres pratiqués par Qi Baishi, la peinture de fleurs et oiseaux occupe une place singulière. Ces sujets pratiqués de manière continue pendant près de soixante-dix ans de création picturale permettent d’illustrer les différents renouvellements du style de l’artiste. Ainsi dans les années vingt, ce genre va être le lieu de formation d’un style personnel, librement inspiré de Badashanren (1626-1705), dont la Pie du Musée Cernuschi constitue un exemple caractéristique.
2000 : Cadre pour le portrait d’Henri Cernuschi, Italie, XVIIe siècle, MC 2000-5.
Cadre
Bois doré
H. : 1,06 ; L : 0,925
Bologne (?), Italie
XVIIe
M.C. 2000-5. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 2000
Le portrait d’Henri Cernuschi, peint par Léon Bonnat (1833-1922) en 1890,
L’un des rares souvenirs de notre fondateur conservés au musée, a été offert désencadré en 1919 par Sir et Lady Martin Conway. Grâce aux Amis, ce beau cadre bolonais exalte désormais les qualités picturales de l’œuvre.
1998: Musicien céleste, pierre, style du Yungang, Chine,Shanxi, avant 480, dynastie des Wei du Nord (386 – 535), MC 10013
Grès
43,5 x 30 x 3
Chine, province du Shanxi, site de Yungang
Avant 480, dynastie des Wei du Nord (386 – 534).
M.C. 10013. ; Coll. C.T. Loo, Paris ; vente novembre 1963 ; coll. part. Paris ; don de la Société des Amis du Musée Cernuschi avec des contributions de M. François Pinault, de M. et Mme Yves Mahé, de M. Jacques Barrère, de la Fondation Antoni Laurent, d’un groupe de quarante sept amateurs et d’un crédit de la Ville de Paris afin de commémorer le centenaire du Musée Cernuschi, 1998.
Bien qu’on ignore sa provenance exacte, l’œuvre peut-être étroitement comparée aux sculptures des cavernes de Yungang (Shanxi), qui ont été aménagées à partir de 460.
Le relief faisait partie des groupes des divinités volantes et musiciennes qui pouvaient décorer les retombées des plafonds et les arcatures surmontant les ouvertures ou les niches abritant les statues des bouddha et des bodhisattva. Ces déités mineures sont communes aux iconographies bouddhiques et hindoues. Ainsi, le génie du Musée Cernuschi appartient au groupe des gandharva, musiciens au service d’Indra, le roi des dieux, qui réside dans une cité fantasmatique et merveilleuse du nom de Gandharvanagara. Ces êtres ne doivent pas être confondus avec d’autres créatures mythiques tels les kinnara, chanteurs pourvus le plus souvent d’une tête humaine et d’un corps d’oiseau, ou bien les vidyadhara qui, chargés de plateau, lancent du haut des cieux fleurs et joyaux sur les divinités.
Le musicien du Musée Cernuschi joue du pipa, instrument à cordes originaire d’Asie Centrale mais adopté à date ancienne par la Chine. Les cavernes de Yungang présentent de nombreux groupes de musiciens, particulièrement les grottes n° 6, 7, 8 et 16, qui ne sont pas sans affinités avec le musicien du Musée Cernuschi.
Si le drapé par larges plis incisés et l’expression souriante du visage participent du premier style de Yungang, les traits émaciés témoignent d’une date plus récente, peut-être juste avant la mutation stylistique de 480.
Peu d’aménagements à Yungang présentent les même caractéristiques ; les visages circulaires, presque poupins se maintenant dans la caverne 6, premier témoignage du style nouveau. Seul le groupe de grottes et de niches n° 11, particulièrement la caverne n° 11 A, possède des sculptures proches du Musicien céleste. Cet ensemble de cavernes particulièrement mal conservé était précédé de vestibules en grande partie disparus dont nous ignorons toujours le programme iconographique.
1996 : Console, bois, Chine, 2nd moitié du XIXe
siècle, dynastie des Qing (1644 – 1911),
MC 9930
Console
Bois qun (yimu)
H. 0,88 ; L. 0,99 ; P. 0,41;
Chine
Seconde moitié du XIXe siècle
M.C. 9930. Don de la Société des Amis du musée Cernuschi, 1996
En 1996, la bibliothèque du musée qui porte le nom du troisième directeur, René Grousset, trop à l’étroit dans l’une des salles du premier étage, fut transférée un niveau plus haut et occupe désormais la totalité de l’ancien appartement du conservateur.
Ce meuble sympathique, modeste et provincial a été acquis pour décorer le vestibule de ce nouvel espace.
1995 : Paire de vases de type Fang, terre cuite polychrome, Chine septentrionale, époque des Han de l’Ouest (206 av. JC – 9 ap. JC), MC 9918. a-d

MC 9918. a et b : H. 0,435 ; L. : 0,202 ; P. : 0,195
MC 9918 c et d : H. : 0,439 ; L. : 0,196 ; P. : 0,194
Chine septentrionale
Epoque des Han de l’Ouest (206 av. J.-C.-9 ap. J.-C.)
MC 9918 a et b. Don de la Société des Amis
du Musée Cernuschi avec la participation d’un amateur anonyme, de Monsieur Patrice Vergé et de Madame Giselle Croës, 1995
M.C. 9918 c et d. Achat, 1995
Ce type de vases est parfois appelé « hu carré et couvert » (gaifanghu) mais on les désigne le plus souvent par le terme fanghu. La couleur sombre de leur terre indique une provenance septentrionale (provinces du Henan ou du Shaanxi). Les décors peints évoquent tout à la fois des incrustations de métaux précieux et les motifs délicats qui ornent les pièces laquées originaires de Chine méridionale. On remarquera les anneaux de préhension peints en trompe-l’œil.
1994 : Jarre, terre cuite, Chine septentrionale, IVe siècle,
dynastie des Sui (581 – 618),
MC 9916.
H. : 0,39 ; D. :0,37
VI e siècle. Dynastie des Sui (581-618)
M.C. 9916. Don de la Fondation Antoni Laurent et de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1994
Cette imposante jarre à belle glaçure verte, irisée par un long séjour en terre, portent sur sa panse des médaillons perlés. Elle participe ainsi à un groupe de vases et de chandeliers couramment considérés comme inspirés de l’orfèvrerie sassanide. Ces motifs « occidentalisants » seraient apparus dans un premier temps en Chine septentrionale. Des jarres comparables ont cependant été découvertes sur une aire beaucoup plus vaste (provinces du Hubei, de l’Anhui, du Shandong et du Henan).
1993 : Gobelet à pied, terre cuite noire lustrée,
Chine, province du Shandong, culture de Longshan, (vers 2500 – vers
1800 av. JC), MC 9908.
Gobelet
Terre cuite
H. 0,18 ; L. : 0,073
Province du Shandong
Culture de Longshan (vers 2500-vers 1800)
M.C. 9908. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1993
La culture néolithique de Longshan, originaire du Shandong, se caractérise entre autres par une céramique montée au tour, aux parois d’une minceur si fine (moins d’un millimètre d’épaisseur) que l’expression « coquille d’œuf » a été usitée pour le décrire. Sa couleur d’un noir profond est accentuée par leur poli externe obtenu par lustrage. Les vases, mouillés et cuits dans une atmosphère en réduction, absorbent le carbone dégagé par le combustible. Son taux, à la surface des pièces, excède de manière considérable, la teneur en carbone dans le corps même du matériau céramique. Cette couleur noire caractéristique est à l’origine de l’expression « culture de la poterie noire » ( Black Pottery Culture) par laquelle on désigne parfois la culture de Longshan.
1992 : Vase de type lian, bronze, Chine du Sud, époque des
Han de l’Est (25 – 220), MC 9892.
H. : 0,323 ; L. : 0,254 ; P. :0,253
Chine méridionale.
Début du 1er siècle. Dynastie des Han (206 av. J.-C.-220 ap. J.-C.)
M.C. 9892. Don de la Fondation Antoni Laurent avec un complément de la Société des Amis du Musée Cernuschi.
Ce lian fait partie d’une production particulière caractérisée par un alliage de couleur vert clair et par un fin décor, qu’on croirait incisé, réparti sur des registres bien délimités, séparés par des bandes moulurées portant parfois des décors géométriques. Les archéologues attribuent à ces pièces une origine méridionale ( Provinces du Hunan, du Guizhou ou du Guangdong).
1992 : Quatre Mingqi, protocéladon de Yue, Chine du Sud,
IV-Ve siècle, MC 9894 à 9897
1991 : Hampe, bronze, Chine, début de la dynastie des Zhou de
l’Ouest (vers 1050 – 771 av. JC), MC 9870
Hampe
Bronze
H : 0,255 ; L : 0,139 ; P : 0,011
Chine
2e moitié du XIe siècle – Xe siècle av. J.-C .Dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050-771 av. .J.C.)
M.C. 9870. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1991
On ignore la destination de cette superbe hampe en forme de dragon. Une douille permettait d’amarrer la pièce sur un axe, soit pour compléter un oriflamme, soit pour décorer la caisse d’un char de combat. Par son graphisme expressif, le dragon de type kui est représentatif de l’esthétique expressive des Zhou de l’Ouest.
1990 : Vase tripode pour la cuisson à la vapeur (xian ou yan), bronze, Chine, début de la dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050 – 771 av JC), MC 9841
H. : 0,40
Chine septentrionale
XI e -Xe siècles av. J.-C.. Dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050-771 av..J.-C.)
M.C. 9841. Don de la Fondation Antoni Laurent avec une une participation de la Société des Amis du Musée Cernuschi.
Une plaque ajourée sépare les pieds creux où l’on plaçait eau et aliments. Ce type de vases est attesté depuis l’époque Erligang (vers 1550 – vers 1300 av. J.-C.). L’exemplaire du musée Cernuschi est caractéristique de la production du début des Zhou de l’Ouest qui voit pour un temps se perpétuer l’esthétique de l’époque d’Anyang.
1990 : Tétrapode, terre cuite, Chine, dynastie des Zhou de
l’Ouest (vers 1050 – 771 av JC), MC 9842
Tétrapode lihe
Terre cuite
H. : 0,26
Chine
Dynastie des Zhou de l’Ouest (vers 1050-771 av. J.-C.)
M.C. 9842. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, avec la participation de M.et Mme Patrice Vergé, 1990.
Parallèlement aux vases de bronze, il est important de collecter également des humbles témoignages de la vie quotidienne. Dans cette perspective, si les tripodes en terre cuite, utilisés depuis l’époque néolithique, ont été conservés en grand nombre, rares sont les tétrapodes, attestés néanmoins dans de nombreuses provinces.
1989 : Gourde, céramique, Chine, dynastie des Liao (907 –
1125), MC 9825
Gourde
Terre cuite
H. : 0,375
Chine septentrionale
Dynastie des Liao (907-1125)
M.C. 9825 . Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1989.
Les Khitan, peuple nomade de Mongolie intérieure, après la création de leur état en 907, à l’effondrement de la dynastie des Tang, s’arrogeront un titre impérial. Leur culture mêle des éléments de l’art des Tang à des réminiscences de leurs traditions nomades. Ainsi leur production céramique comporte de nombreuses gourdes. Les plus anciennes sont des copies fidèles de gourdes véritables en cuir. Avec le temps, leur formes deviennent de plus en plus stylisées.
Sur la pièce du musée, il convient d’attirer l’attention sur la belle glaçure de couleur noire et brillante, aux subtils reflets verts, obtenue par une cuisson en réduction.
1988 : Paravent, laque dite « de Coromandel », Chine,
règne de l’empereur Kangxi (1662-1722), MC 9808
Paravent
Bois laqué. Technique dite de Coromandel.
H. : 2,82 ; L.: 5,52
Chine méridionale
Fin du XVIIe siècle. Règne de Kangxi (r.1662-1722)
M.C. 9808 ; Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1989 ;
Coromandel est le nom de la côte sud-est de l’Inde où de nombreux ports servaient d’escale aux bateaux des compagnies qui faisaient commerce entre l’Europe et l’Extrême Orient. Ainsi la Compagnie des Indes pour la France. Dès l’époque de Louis XIV, on prit l’habitude d’appeler «coromandel » une technique particulière de gravure sur laque.
On peut répartir la plupart des paravents en coromandel selon un petit nombre de sujets, ici une audience dans un palais. Les bâtiments sont représentés en vue plongeante. Derrière les pavillons de réception, on découvre les appartements privés.
1987 : Qi Baishi (1863 – 1957). Deux pommes, encre et couleurs sur papier, MC 9792
Qi Baishi (1863-1957)
Deux pommes
Encre et couleurs sur papier
H. : 0,275 ; L. : 0,333
M.C. 9792. Don de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1987
Cette éblouissante pochade témoigne du brio de Qi Baishi. De simples tâches de couleurs permettent avec brio l’évocation des deux fruits.
1986 : Ensemble de statuettes funéraires, porcelaine de type qingbai, Chine, dynastie des Song (960-1279), MC 9780 à 9788
MC 9780 à 9788
Statuaires funéraires
Porcelaine
H. moyenne 0,20
Fours de Jingdezhen, province du Jiangxi
Dynastie des Song du Nord (960-1126)
M.C. 9780-9788. Don de la Fondation Antoni Laurent et de la Société des Amis du Musée Cernuschi, 1986.
A la fin de la dynastie des Tang (618-907), les rituels funéraires changent. Aux coûteuses statuaires participant du mobilier de l’au-delà, on préfére souvent des simulacres de papier, brûlés durant les funérailles. L’usage des mingqi reste cependant attesté à l’époque des Song.
De neuf statuettes entrées en 1986 au musée, figurent ici deux d’entre elles : dame debout, et suppliant, figurines peut-être liées au théâtre. Elles sont caractéristiques des tendances au réalisme et à l’anecdotisme de la statuaire de l’époque, comme en témoignent les reliefs des grottes de Dazu.
2005 : Zun, bronze, récipient, milieu du XIIe s. av. J.-C, don de la société Total
Zun
Grâce au mécénat de Total, les collections chinoises du musée Cernuschi viennent de
s’enrichir d’une œuvre majeure : un récipient en bronze du milieu du XIIe s. av. J.-C.
La vaisselle métallique constitue l’une des productions les plus prestigieuses de l’art chinois, recherchée de tout temps par les amateurs. Afin d’enrichir les collections impériales, les premières fouilles archéologiques ne remontent-elles pas au
Xe siècle !
Ces
récipients, exécutés du XVIe s. av. J.-C. jusqu’au
IIIe s. ap. J.-C., possèdent une typologie variée et une ornementation
diversifiée. A l’époque Shang (vers 1550 – vers 1050 av. J.-C.), ils participaient à la vaisselle d’apparat, utilisée lors de banquets cérémoniels au cours desquels on rendait hommage aux ancêtres du clan.
On les classe entre récipients pour les nourritures solides et vases pour les liquides, plus particulièrement des boissons sans doute aromatisées.
La pièce de type Zun dont Total vient d’enrichir
le patrimoine parisien appartient à cette dernière catégorie.
Avant d’être réchauffées, les boissons étaient conservées
dans des bouteilles de bronze, puis présentées dans des récipients comme celui-ci.
Outre
sa qualité plastique indéniable, son
bon état de conservation, la
subtilité de sa
patine, la variété de son décor, le Zun offert par
Total présente une rareté iconographique. Au lieu des masques farouches et
protecteurs qui habituellement en garnissent la panse, ici
un visage mi-humain
mi-oiseau, en fait l’un des
sommets de l’art de la Chine antique.
Le Zun est répertorié
depuis plus de soixante
ans, publié à de nombreuses reprises dans des ouvrages
savants et a constitué
le chef-d’œuvre du
Bijutsukan de
Nara au Japon, musée privé intégralement vendu en 1987 à la mort de
son fondateur. Le Zun,
ensuite conservé
par un
collectionneur privé, réapparaît aujourd’hui pour
la plus grande joie des
Parisiens.
2001 :
Parure funéraire, bronze doré, Mongolie intérieure ou Liaoning, Premier quart du XIIe s., Dynastie des Liao (916-1125), MC 2001-5 et 6, don de M. et Mme Yves Mahé.
Parure funéraire Liao, Bronze doré, H. : 0,533, Mongolie intérieure ou
Liaoning,
Premier quart du XIIe s.
Dynastie des Liao (916-1125).
MC 2001-5 et 6
Don de M. et Mme Yves Mahé en mémoire de Jacqueline
Simon-Mahé, 2001
Les coutumes
funéraires des Kitan-Liao, peuples semi-nomades sur
les confins septentrionaux de l’Empire chinois, comprenaient l’usage de
masques funéraires. Très stylisés au début
de la
dynastie, ces éléments acquièrent au début
du XIIe siècle une somptuosité et
naturalisme rares. Ce beau masque et son pendant masculin (don de Mme
et M. Agnès et Christian
Deydier) peuvent rivaliser avec les meilleurs exemples de cette
production
conservés au musée d’Urumqi.
©Photothèque des Musées de la Ville de Paris / Photo
Philippe Ladet